Depuis plusieurs année, je consomme hebdomadairement deux à trois avocats, ceci parce que j'aime bien ça (alors qu'avant je n'aimais pas, il faut que je me rattrape) mais aussi dans le but ultime de faire pousser un avocatier ; en effet, ce n'est pas une légende, il est bel et bien possible de faire pousser un avocatier à partir d'un bête noyau d'avocat acheté en promo à l'intermarché local, je connais quelqu'un qui m'a montré que cela est possible mais sans être capable de me dire comment [1], la théorie la plus probable étant que l'avocatier est une plante qui pousse spontanément, sans rien demander à personne, il faut donc une sacrée dose de chance pour que celui-ci pousse pile à l'endroit où on a planté un noyau d'avocat.
À partir de là, la méthode que j'ai adopté est assez empirique, on ne sais jamais, au cas où un quelconque phénomène pourrait favoriser la pousse d'un avocatier.
Et ce fut un succès. Pour en arriver là, j'ai agi scientifiquement. Bien évidemment, par acquis de conscience, j'ai consulté les forums spécialisés sur internet, où des rangées d'imbéciles crient à la face du monde leurs solutions miracles pour leur passe-temps insignifiant, qu'est la culture d'avocat, emballées de bons sentiments pour masquer leur esprit moqueur et le but de leur présence sur internet : fanfaronner, se glorifier devant la réussite qui est venue à eux, laissant l'échec sur nous autres, les délaissés de la destinée [2].
Quand j'ai compris qu'internet était une fumisterie, j'ai mis tous mes moyens au service de la seule vrai méthode scientifique que je suis en mesure de comprendre et donc d'appliquer, celle des shadock : « En essayant continuellement on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche. » (Jacques Rouxel). Alors j'ai essayé. Plus d'une fois. Plein de fois, même.
Et finalement, ça a marché.
Au final, c'est un pot rempli de terre, arrosé régulièrement au printemps, presque pas en été, installé sur ma terrasse à l'ombre d'un arbre à papillon, dans une ville socialiste, avec une soucoupe et des gravillons de pierres de Caen dans le fond, insulté régulièrement qui a donné naissance à un avocatier [3]. Enfin ! Il en est aujourd'hui à six feuilles.
Malheureusement, un problème récurrent va bientôt se poser : que faire de ce pensionnaire quand je ne suis pas là ? Qui va l'arroser ? Souvenez vous, j'ai déjà eu ce problème avec un pied de menthe, lorsque j'habitais Lisieux. Je l'avais laissé en pension sur les hauteurs de la ville, loin de la populace gauchisante du fond de la vallée. Mais ce choix n'a pas eu l'air d'être le bon, puisque la malédiction s'est emparée de lui et a réduit ma menthe en une masse sèche complètement morte, tout comme ce qu'il y avait un mètre à la ronde : le lieu est maudit pour dix générations d'après le sorcier local [4].
Le plus simple serait d'adopter un écureuil (comme Spirou) et de le dresser pour arroser mon avocat lorsque je suis absent. Sauf que j'ai bientôt plus de noisettes, mes fournisseurs habituels s'étant reconvertis dans la figue...
Bref, je suis bien embêté...
Ah, et puis un jour, il faudra que je vous parle de mon nouveau pied de menthe...
Commentaires
1
13 janv. 2009
02:53 par nobuo
Ca n'a pas vraiment de goût les avocats... :/ Je préfère les procureurs hahahahaha. Hum. Désolée, spasme.
2
13 janv. 2009
08:32 par Dric
Un article très intéressant.
Pour ton problème d'arrosage, peut-être qu'un goutte-à-goutte bricolé avec une bouteille d'eau et un petit trou suffirait. Sinon tu dresses un lama cracheur pour arroser ton plant d'avocats. Ou encore tu fais croire à un voisin toxico que c'est un plant de pavot pour faire de l'héroïne.
3
13 janv. 2009
16:06 par Jibé
Pour la première et la dernière fois ma vie, je vais poster ici un message sérieux.
Sache cher ami que les avocats supportent à la merveille le stress hydrique. Quand je pars en vacances, mon avocat, il reste tel qu'en lui même. Un peu sec au retour, mais il prend vite des couleurs et retrouve les joues roses qui assurent son succès auprès des grandes personnes.
Évidemment, si tu pars plusieurs mois ...
4
18 janv. 2009
08:30 par Nicolas
Non mais ça ne va pas du tout là, je suis en pleine crise d'inspiration et d'interrogation existentielle de blog et comme tous les dimanche je comptais venir pêcher des idées ici et ailleurs, ni vu ni connu je t'embrouille, et qu'est-ce que je lis "il a des trucs à raconter, donc bon, je peux pas faire le poids" !!! ON CROIT REVER ! Faux-modeste va ;-)
Pour l'avocat, moi je le laissais bien trois semaines tout seul comme un grand après l'avoir bien noyé jusqu'au cou et no problemo... Il faisait bien un peu la tête quand je rentrais mais rien de sérieux, on discutait, je lui disais qu'il était le plus beau et je lui mettais Radiohead (les avocatiers adorrrent Radiohead) et c'était reparti.
Non le problème : il avait tendance à perdre ses feuilles inférieures... et ressemblait plus à un palmier qu'à un avocatier... j'y ai vu un signe est c'est pour ça que je suis parti là où il y avait des cocotiers ! Tout se recoupe !
Je me renseigne pour les koalas...
Tschüss
5
4 mar. 2009
16:18 par christine
bon, moi j'ai "la" solution. Rappelles toi de l'élevage de criquets il y a quelques années à la Mouchardière. C'est une plantation d'avocats qu'il te faut, que l'on appelle une avocaterie. Les criquets pélerins en sont friands. Donc, avant l'été, tu dépiautes tes avocats pour les faire grignoter par les criquets. A la rentrée, tu recommences le cycle :
- pour l'avocaterie : acheter les avocats, manger les avocats, planter les noyaux, arroser, dépiauter.
- pour les criquets : voir avec les profs du collège du Mêle, ils en ont encore peut-être. Les bichonner, les admirer en train de muer, et bien entendu, les nourrir grâce à l'avocaterie.
nb : une avocaterie s'appelle également un barreau
un élevage de criquets s'appelle également une administration fiscale