Nous vivons dans un monde de brutes. Un monde qui exprime sa cruauté et son mépris pour l'âme humaine à quiconque rechercherais un peu de délicatesse.

Je ne parle pas ici de la victoire des forces edwardsienne [1], mais d'un problème beaucoup plus sournois. C'est comme les bombes, les plus terribles sont à retardement [2].

En effet, conscient que la France doit sauvegarder son patrimoine culturel gastronomique, j'ajoute régulièrement à mes plats des herbes de Provence. J'achète à cet effet un pot d'herbes de Provence équipé de deux saupoudreurs : l'un possède des petits trous, propres à disperser les petites herbes de Provences subtiles et délicates, l'autre possède des gros trous tout juste bon à répandre de grossiers morceaux de gazon indigestes. Vous aurez bien compris que je n'utilise que le premier saupoudreur.

Oui mais voilà : au début, tout va bien, entre le début et la fin, ça va toujours bien, à la fin, en revanche, ça ne va plus du tout ! En effet, le taux de gros morceaux a considérablement augmenté dans le pot au point de finalement représenter la totalité des herbes disponibles. Oui, petit à petit, l'étau s'est refermé sur moi et m'a condamné à ne consommer que des gros morceaux !

Car il est hors de question, en cette période de baisse du pouvoir d'achat, de se débarrasser d'une telle quantité de nourriture. Alors je me suis résigné à mon sort. Et je préfère ne pas penser au problème de la fin de ma paquet de thé qui va redevenir d'actualité.

Notes

[1] Je ne donne pas l'allusion, cherchez donc un peu ! Mais je vous le dit, moi, j'aurai pas trouvé. En même temps, j'arrive pas à faire les mots croisés du Canard Enchaîné, même avec la solution, alors bon, si vous trouvez pas, c'est que vous êtes vraiment nul.

[2] Un cadeau au premier qui trouve la série de bédé d'où est issue cette réplique.